Laurence Ursulet

Présentation
Quatre symboles féminins
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Installée à Kastellaun, en Allemagne, Laurence Ursulet est une artiste peintre française dont le travail s’inscrit à la croisée de la peinture, du geste graphique et d’une sensibilité presque cartographique au paysage. Son parcours, nourri par des échanges franco‑allemands et des expositions en Europe, notamment en 2017 à la Galerie 34 à Prémery, l’a conduite à développer un langage visuel singulier, où la mémoire des lieux, les routes, les confins et les lignes d’horizon deviennent matière à peinture.

Ses œuvres explorent les frontières entre figuration et abstraction. Les signes, les tracés et les couleurs évoquent autant les cartes anciennes des voyageurs que les paysages intérieurs contemporains. On y retrouve des territoires imaginaires, des côtes, des déserts, des chemins possibles, qui invitent le regardeur à se projeter dans son propre voyage. Chaque toile est pensée comme une « géo‑graphie du possible », un espace où l’œil circule librement, en quête d’un ailleurs poétique.

Ancrée à Kastellaun, Laurence Ursulet participe régulièrement à la vie culturelle locale et régionale, à travers des expositions personnelles et collectives. Ses œuvres ont été présentées dans des galeries et espaces d’art qui mettent en avant son regard international et la dimension intime de son travail. Cette double inscription – locale et internationale – nourrit une démarche artistique qui dialogue avec le paysage rhénan, tout en restant profondément marquée par son origine française et ses collaborations de longue date avec des lieux d’art en France.

Dans son atelier, la démarche de Laurence Ursulet repose sur une attention particulière aux supports, aux transparences et aux superpositions. Les couches de matière, les lignes et les aplats de couleur se construisent progressivement, comme on compose un itinéraire ou un récit de voyage. Le temps du travail en atelier rejoint celui de la marche, de l’observation et de la rêverie, donnant naissance à des œuvres qui laissent toujours une place au silence, à l’inachevé et à l’interprétation du spectateur.

À travers ses expositions à Kastellaun et ailleurs, Laurence Ursulet invite le public à ralentir, à regarder autrement les cartes et les paysages qui nous entourent, réels ou imaginaires. Son travail propose une expérience sensible du monde, où chaque tableau devient une étape, une halte ou un point de départ vers un territoire intérieur à découvrir.

Eva, Helena, Maria, Sofia,
Quatre symboles féminins, une seule histoire à raconter.
Je pénètre dans un rêve éveillé, un flux sous-cutané où, par la convergence de symboles et de mythes, la femme se réinvente sans cesse.
Le collage est l'art de déchirer, de superposer et de révéler ce qui se cache en dessous, comme les strates de l'inconscient.
Nous déchirons un manifeste du conformisme, et en dessous, émerge un rêve plus authentique, plus sauvage.
Quatre strates se superposent :
Ève, la première, la plus ancienne, la plus blessée. Elle sait qu'elle doit quitter le jardin ; derrière elle, nous apercevons des rêves de naissance, du sein cosmique. Ève est l'état onirique originel, la nymphe : la femme avant qu'on lui dise qui elle devrait être.
Sous cette strate, Hélène, la jeune femme qui pleure et rit à la fois. Nous repensons à Perséphone, enlevée et victime d'elle-même.
Elle tient un miroir qui reflète des océans intérieurs déchaînés. Elle incarne l'éveil émotionnel ; son corps est un paysage vivant qui, simultanément, se noie et se sauve.
Et puis il y a Maria, mère et sorcière. Son corps est une cathédrale gothique en ruine, mais son cœur est un livre ouvert dont les pages voltigent comme des papillons noirs. Maria représente la profondeur psychologique : l'âge où une femme comprend que l'amour, la maternité, la colère, le désir et la mort ne sont pas des phases, mais des fragments d'un même rêve.
Enfin, il y a Sofia, son drap encore humide. La sage, la dernière, mais aussi la guerrière. Elle ne pleure plus ; elle recolle et réassemble les morceaux déchirés des trois autres. Ses yeux sont des galaxies, et autour d'elle flottent les fragments d'Ève, d'Hélène et de Maria comme des constellations. Ils ne sont plus séparés et forment un rêve lucide. Sofia représente l'intégration, la femme qui a traversé tous les états oniriques et qui décide maintenant de la forme que prendra le prochain rêve.
Nous ne sommes pas une histoire, mais un collage d'histoires qui ont été collées sur nous.

Sommaire Galerie 34

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